Somo Mambog : (1841- 1918)

Somo Mambog : (1841- 1918)

  • Source : Langues et cultures mbamoises
  • 10 Feb 2018
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L’histoire des différents souverains Banen est pleine de prouesses guerrières. Ce sont ces souverains qui, pendant la période précoloniale, se heurtèrent aux Bamoun de Nsangou. La généalogie des souverains qui régnaient chez les Ndiki se présente comme suit :Tikili,Ngoma, Balitoni, Byongol, Ibin, Somo Mambog. Ce dernier fut l’un des résistants à l’occupation allemande.

Somo Mambog, fils de Ibin,naquit en 1841, Munen des Ndiki après la mort de son père,entreprit des expéditions punitives contre les Ndikoko, les Mafé, les Ndikipambus et autres. Sa mère était originaire de Ndokononoho.

En 1901, Somo Mambog s’opposa à l’expédition de Schimmelpfennig. Sa bravoure lui poussa à s’affronter avec les soldats expéditionnaires. Etant un grand obstacle pour cette expédition, les Allemands devraient marquer 10 ans dans le territoire de Somo (1901-1911) et érigèrent un poste administratif qui porta désormais le nom de Somo. Bientôt commença la guerre psychologique d’usure caractérisée par la destruction des mentalités des guerriers de Somo.

Voici ce que nous dit la légende de l’époque sur la victoire des Allemands sur les Banen : un proverbe de chez nous dit "de se défier toujours d’un ennemi réconcilié". Les dix années de cohabitation pacifique avec le corps expéditionnaire, avaient rendu le Munen Somo très hardi qu’un jour il accepta opposer ses guerriers à une bataille rangée à ceux de l’expédition. Celle-ci consistait à aligner les soldats de chaque camp à une bonne distance face à l’autre. Les deux chefs s’accordèrent que les guerriers banen ouvrent le bal.

Ceux-ci étaient porteurs des fusils de traite qui se chargeaient par le canon à l’aide d’une baguette. Lorsqu’ils ouvrirent le feu !... ils constatèrent que leurs ennemis n’étaient pas atteints. Au tour des Allemands, au commandement feu tous les guerriers banen étaient tués. C’était la panique générale ; les principaux guerriers de Somo, à savoir : Bekemen, Bokwagne, Ihumb, Kitiek Endeka, Mésoté, Mem, Béléma et Tikabagné ayant été faits prisonniers, les guerriers banen devraient comprendre que face aux canons, ils devaient éviter une bataille rangée.

Ainsi, le chef convaincu de la puissance militaire, demanda la réconciliation à Hoffman qui conduisait les opérations militaires. Somo dut payer une rançon de neuf pointes d’ivoire. C’était en1911. A chaque fois que les Banen se rassemblent, leur mot de ralliement est Ndiki-kos qui se traduit par Ndiki-feu ou Ndiki-mort.
Le Munen Somo symbolise pour les Banen, le courage et l’unité.

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